Merci Diego !


Hier, jeudi 15 janvier 2007, est paru dans toutes les bonnes librairies, pour la première fois dans sa version intégrale, Gros-Câlin, d'Emile Ajar.
Pour ceux qui seraient allés faire un tour dans d'autres galaxies depuis une bonne trentaine d'années, Gros-Câlin, c'est le premier roman d'un jeune romancier inconnu, Emile Ajar, qui prit pour le public les traits de Paul Pavlowitch, neveu de Romain Gary.
Pour ceux qui étaient en voyage d'étude sur l'astéroïde BY482 (touché, coulé) depuis… 1944, Romain Gary est un écrivain français, compagnon de la Libération, Prix Goncourt en 1954 pour Les Racines du ciel.
Donc, en 1974, Pompidou meurt, VGE est élu et cela n'a aucun rapport avec ce que je voulais vous dire ici.
En 1974, un mystérieux romancier du nom d'Emile Ajar envoie, du Brésil, un manuscrit par la poste aux éditions Gallimard. Le manuscrit en question est aiguillé vers le Mercure de France, filiale de Gallimard (pour faire simple) dont Simone Gallimard , épouse de Claude Gallimard (de chez Gallimard) est éditrice.
Un jeune auteur, et qui publie un premier roman, on n'hésite pas à lui faire faire des coupes sombres dans son texte, et c'est ce qu'il advint de Gros-Câlin, qui paraîtra amputé de son dernier chapitre.
En très résumé, Gros-Câlin, c'est l'histoire d'un homme, Cousin, qui, solitaire urbain, a pour animal familier et ami un python baptisé Gros-Câlin.

Mais résumer Gros-Câin, c'est échapper à un style inimitable, qui casse les tabous, sans doute le qualifierait-on de décalé aujourd'hui même si l'adéquation de ce style et du personnage est totale.

La suite, c'est le mystère Ajar, quel écrivain reconnu se cache derrière ce premier roman (on soupçonnait Queneau), le personnification du personnage d'Ajar sous les traits de Paul Pavlowitch, neveu de Gary, le Prix Goncourt à Ajar pour son deuxième roman, La Vie devant soi, puis la publication de Pseudo où Ajar-Pavlowitch se révèle comme une victime de son odieux oncle Gary-Tonton Macoute.


Le dernier acte se joue en deux temps. 2 décembre 1981, Gary met fin à ses jours. 30 juin 1981, l'imopsture est révélée dans le livre "Vie et mort d'Emile Ajar" : Romain Gary est l'auteur des 4 romans signés Ajar.
Aujourd'hui, Gary-Ajar, cela veut dire supercherie littéraire.

Surtout sans doute parce que les critiques ont refusé de voir en Gary un potentiel Ajar. Sur le plateau d'Apostrophes, quelqu'un va même jusqu'à évoquer Ajar l'absent devant Gary en lui disant que "ça, c'est de la littérature".

Et alors me direz-vous, quel rapport avec le 15 mars 2007 ? A part que 1974 et 1981 étaient des années de présidentielles ?
Le texte intégral, contenant le dernier chapitre, que Gary qualifiait lui-même de fin écologique a enfin été publié.

Pourquoi ce post s'appelait-il "merci Diego" ? Parce que c'est Diego Gary, fils de Romain Gary et de Jean Seberg, qui a accepté que soit publié le texte dans son intégralité. Alors, encore une fois, merci Diego pour nous avoir offert un roman inédit.
Et merci à Jean-François Hangouët pour avoir établi, annoté et présenté la nouvelle édition.

C'est à vous !

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