comment les bonnes idées de muséographie se heurtent aux contingences matérielles


Visite à l’exposition inaugurée hier sur le parvis de l’Hôtel de Ville, « Romain Gary et les Compagnons de la Libération ». Cette exposition dédiée aux compagnons de la Libération est basée sur deux axes : intellectuel, il suit le questionnaire que Romain Gary élabora dans les années mille neuf cent soixante dix. Ce questionnaire s’adressait aux Compagnons de la Libération et aurait du trouver un aboutissement dans un livre qui ne vit jamais le jour.
Le sujet est grave, les textes sont choisis, à partir des réponses au fameux questionnaire, tandis qu’un montage nous propose les voix de ces héros de la Résistance.
Enfin ça, c’est pour la partie intellectuelle de l’exposition. Parce que quelqu’un s’est dit qu’il fallait faire dans le symbolique, l’ensemble de l’exposition se déroule le long de panneaux qui forment une longue croix de Lorraine à l’intérieur d’un espace lui-même à l’abri des caprices de la météo. Tout cela est intellectuellement toujours intéressant.

Seulement on a à peine la place de se croiser à l’intérieur de cette croix, et on n’a aucun recul dans ce couloir pour lire les murs opposés. D’ailleurs, quand on s’arrête, on provoque un embouteillage. Or lire les textes, nécessite de s’arrêter. Quant aux témoignages, ils sont susurrés de telle façon qu’on entend encore la voix de la première série lorsqu’on commence déjà à entendre la seconde. Et le tout sans discontinuer. Ce ne sont plus des témoignages, ce sont des voix qui envoient un message brouillé de l’au-delà. Ne parlons même pas du côté étouffant du lieu, alors qu’il pleuvait sur le parvis de l’hôtel de ville, alors qu’il faisait frisquet sur Paris -16° en juin j’estime qu’il n’y a pas de quoi fanfaronner, on étouffait à l’intérieur. Le temps passe-t-il au beau, et l’on n’aura plus qu’à faire appel sans relâche aux pompiers.

Et puis, note au commissaire de l’exposition, Roman Kacew n’a jamais « fui en Russie » puisqu’il y est né. Et Madame Kacew n’a jamais été comédienne que dans La Promesse de l’aube, mais son fils, outre le fait d’avoir été héros de la Résistance, compagnon de la Libération, consul de France, était un grand écrivain, qui prenait parfois des libertés avec la réalité… (voir à ce sujet le récent et excellent livre de Jean-Marie Catoné : « Romain Gary, de Vilnius à la rue du Bac »)

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Encore plus dommage, à l’attention des personnes ne pouvant se déplacer, et ce même si l’exposition est itinérante, pas de vente de catalogue ou de DVD. Peut-être a-t-on craint de faire marchands du temple » mais lorsqu’on a déjà eu du mal à percevoir les bruissements, on pourrait avoir envie d’en emporter un petit morceau chez soi.

Par contre, même si je ne l’ai pas photographiée, je ne peux que saluer la photo gigantesque apposée sur la façade de l’hôtel de ville, portrait de De Gaulle réalisé avec les photos de tous les compagnons de la Libération. Je suis allée le piquer sur le site de la mairie de Paris d’ailleurs.
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