Des fougères, des champignons et de l’ail


Une de mes amies fait une véritable phobie des champignons. Je tairai ici charitablement ses noms, prénoms, surnoms mais c’est comme ça. Pour elle, les bolets sont sataniques, les amanites ne tuent pas que les mouches -là elle a raison, je lui accorde- les agarics véhiculent de l’anthrax, les girolles sont pires que l’arsenic… bref, elle a la trouille. Je tairai encore charitablement la raison qui lui fait haïr ces petites bêtes.
Donc l’autre fois, appel à l’aide sur msn : peux-tu passer : j’ai des champignons dans ma plante verte. La plante était une potée, composée d’un Saintpaulia, d’un mini-rosier, d’une mini-fougère et d’une plante tropicale dont je ne connais pas le nom. Et, dans la potée, les champignons, ou plutôt un malheureux champignon. Le temps que je le récupère, il avait déjà fondu. Une description angoissée à je ne sais qui plus tard, elle m’affirmait que j’avais des trompettes de la mort dans chez moi et qu’il ne fallait pas, absolument pas, que je les mange. Pour information, on en vend de temps en temps au marché, cela m’étonnerait fort qu’on vende dans des magasins d’alimentation de la strychnine à l’état pur. Mais passons. J’ai la chance de posséder quelques bouquins de mycologie, et même s’il m’a fallu attendre une semaine pour voir à nouveau apparaître les champis en question, le diagnostic fut définitif, il s’agissait de mycènes. Je ne connaissais pas le nom, pour moi Mycènes, c’était une ville grecque de l’Antiquité. Celle d’Agamemnon et je ne pensais pas que la Grèce abondait en champignons.
Donc armée de mon moteur de recherche haï préféré, j’ai étudié la mort des cryptogames. Seulement sur le net, on dit comment se débarrasser des mini champignons, j’ai nommé les moisissures -je préfère ne pas dire à la copine en question que dans son roquefort ou sa fourme d’Ambert il y a des champignons, je ne sais pas si elle s’en remettrait- mais on ne dit pas comment éradiquer bolets ou pleurotes.
DEuxième souci, dans la potée, il y avait des fougères et en général les désherbants sélectifs trucident toutes les plantes d’une même famille. au sens large, et les fougères font aussi partie des cryptogames. Donc, allons-y avec des pincettes, j’ai commencée par la technique dite de la décoction d’ail. Je précise que je ne referais pas ça tous les jours, qu’il faut plusieurs bonnes raisons : un intérêt scientifique et que ce soit de plus pour une de mes meilleures amies.
Pour les autres, et comme je le referais pas tous les jours, voilà la technique : Eplucher une bonne dizaine de gousses d’ail, les hacher au Valentin, les jeter dans l’eau bouillante et éteindre le feu les laisser patauger pendant 12 heures, filtrer et servir froid. Si vous y tenez, vous pouvez essayer de congeler pour faire des mauvaises blagues à … je ne sais pas à qui vous réservez vos mauvaises blagues, de toutes façons, comme leur nom l’indique elles sont mauvaises. ça peut aussi servir dans les maisons hantées. Sinon, à fabriquer avec une sinusite carabinée.
Mais revenons à nos champignons. Une fois le breuvage filtré, arroser les champignons ou moisissures. Apparemment il devrait y avoir des points communs entre le moisi et le vampire du coin, ils se ratatinent devant l’ail. Enfin ils devraient. Pour le moisi, ça marche peut-être, mais si c’est sur un tissu ou du papier, réfléchissez à deux fois, vous aurez droit à une puanteur immonde pendant des mois. Il faut traiter trois fois, à trois jours d’intervalle. J’ai suivi à la lettre, comme la potée était petite, j’ai arrosé à la seringue n’ayant nullement envie de salir mon arrosoir préféré. Quand tout a été fini, pas de cube de glace antivampire, j’ai tout jeté dans l’évier. Petit problème, mon évier a senti mauvais pendant quelques jours. Je pense que malgré tout, cela a du avoir un effet assainissant et que au pied de mon immeuble l’égout ne sent plus l’égout.
Et les mycènes me direz-vous ? Eh bien, le dernier arrosage eut lieu il y a 15 jours. Je pensais me débarrasser de la plante qui avait donné un agréable parfum d’ail à tout mon appartement en la refilant à sa légitime propriétaire. C’était compter sans les mycènes, qui sont ce soir en train de revenir d’entre les morts. Les conseils de jardinage trouvés sur le net me proposaient ensuite la bouillie bordelaise, qui n’a rien de commun avec le poisson à la bordelaise, ni avec quoique ce soit qui évoque un bon vin. C’est, me suis-je laissée dire, une sacrée cochonnerie qui trucide tout. Moralité pour l’instant, je n’ai toujours pas allumé mon radiateur pour que les fougères survivent, ce qui ne les a pas empêchées d’être jaunâtres, le rosier est réduit à l’état de brindille, le saintpaulia n’en mène pas large. Seule subsiste cette espèce de sagittaire. Et je ne fais même pas d’économie d’énergie puisque j’ai du chauffage central.
Moralité de la moralité : sniffff sniff et Ail ail aïe !
Donc voici ces monstres naissants et à maturité, soit à moins de douze heures d’intervalle.jeunes mycènesdernières minutes

C'est à vous !

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :