Noël presque blanc


Vous souvenez-vous de ce superbe et terrible film : « Y aura-t-il de la neige à Noël » ? Un titre guilleret pour un film tragique que je ne peux que vous conseiller. L’histoire d’une mère de famille très nombreuse, en pleine campagne, qui n’arrive plus à joindre les deux bouts. Son mari est absent, très absent. Alors que Noël arrive, elle ne voit plus trop d’alternative autre qu’un suicide collectif. Mais…

Bon, je sais, j’ai tendance à aimer les histoires de Noël bien catastrophiques. C’est simple, ma préférée, c’est La petite marchande d’allumettes. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit d’un conte d’Andersen, où une petite fille qui tente désespérément de vendre des allumettes dans la rue une nuit de Noël bien froid -Andersen était Danois, ne l’oublions pas, donc à côté notre gel, et nos congères , c’est de la rigolade, et donc cette gamine en haillons essaie de vendre des allumettes. Seulement le soir de Noël personne n’a besoin d’allumette, elle se gèle, elle craque des allumettes pour se réchauffer, et elle rêve d’un repas somptueux, et que sa grand-mère vient la chercher. Et au matin, on la trouve, une allumette carbonisée entre les doigts. Je viens même de retrouver la couverture de l’édition que j’avais eue enfant.

Petite marchande d'allumettes

Si je raconte toutes ces superbes histoires de Noël, c’est en fait juste parce que cette année, on a eu un Noël froid, on attendait un « Noël Blanc » (ah, ça, c’est ma préférée, de chanson de Noël, Noël Blanc, ou White Christmas, je l’avais apprise à l’école, et elle me faisait rigoler, parce que en VF ça donne « Je regarde tes yeux clairs, Maman ! » Quand on a 7 ans et une mère dont il est difficile de distinguer la pupille de l’iris, c’est bidonnant White Christmas !!

Donc quelques (beaucoup) d’années plus tard, je m’apprêtais pour la première fois de ma vie (enfin je crois) à passer un Noël blanc. Il faut dire que je suis pratiquement toujours à Paris à Noël. Et voilà ! Rien que pour m’embêter ! Depuis 15 jours la neige tombe, bloque mes collègues que je suis obligée de remplacer au pied-levé, me voit privée de bus pour mes courses de Noël, transforme les trottoirs parisiens en patinoires, je m’habille tous les matins comme si je partais au Pôle nord, sans compter tous les autres problèmes de tous les autres gens, bloqués à Roissy, obligés d’abandonner leurs voitures sur l’autoroute, etc…. et là, le jour de Noël, alors que je pouvais prendre mon temps, que je campais chez mes parents, que je ne transportais ni bouteilles, ni dinde, ni paquets, là, rien que pour m’embêter et décider que non, je n’aurais pas mon Noël blanc, pas le moindre flocon de neige ! Un ciel bleu comme on en voit rarement plus de 3 fois par an, et toute la journée en plus. C’est pas rien que pour m’embêter ça ?

Voyons le bon côté des choses, le sol craquait de givre quand je suis allée chercher le pain, et les toits étaient encore blancs mais bon….

Une Réponse to “Noël presque blanc”

  1. nadiouze Says:

    Surtout continue car j’aime beaucoup tes histoires et ça me rappelle de beau métier que tu as la chance d’exercer:)

    J'aime


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