Balade à la Tour Saint Jacques


 

La tour Saint Jacques à Paris est un reste d’une église démolie durant la Révolution, Saint-Jacques de La Boucherie. Située face  à l’actuel théâtre du Châtelet, elle avait été édifiée grâce aux subsides des bouchers, profession ô combien prospère au Moyen-Age mais qu’on avait souhaité éloigner du centre-ville pour cause d’absence e réfrigérateurs. L’église avait un unique clocher qui a seul subsisté, un peu par hasard, ou grâce à sa hauteur, après la Révolution.

Après de longues années de travaux, la tour a été débarrassée pour la première fois de tout une accumulation d’échafaudages. Et elle est visitable. A plusieurs conditions : Tout d’abord, c’est une association qui fait visiter la groupe, par groupes de 17.(+ la guide + une accompagnatrice qui fait serre-file mais aussi aide ceux qui doivent renoncer à redescendre. La tour est haute de 300 marches, soit 65 de moins que Sainte Marie aux Fleurs à Florence. Mais on ne se croise pas dans l’escalier de la tour. Il faut redescendre d’un palier. Et comme il y a des portes qui ouvrent vers l’escalier,après la visite du 2eme étage, on est obligé de redescendre quelques marches avant de les remonter. Comme l’escalier est étroit, les marches sont très usées dans leur milieu, aussi demande-t-on d’avoir des chaussures de marche -stilettos d’autant plus interdits qu’ils achèveraient de flinguer la pierre- et l’escalier est en colimaçon. Comme la statue de Saint Jacques est équipée d’un paratonnerre, on ne monte pas quand il y a des orages.  La montée est interdite aux moins de 10 ans, elle est déconseillée aux agoraphobes et aux claustrophobes.

La visite dure une heure, mais elle ne s’effectue pas 365 jours par an. Seulement 3 jours par semaine : vendredi, samedi, dimanche, et seulement du premier week-end de juillet aux journées du Patrimoine. En gros, 36 jours par an, toutes les heures, de 10 heures à 17 heures,   Mais ne croyez pas que vous vous pointez direct au pied de la tour ! Le lundi précédant, à 10 heures tapantes, les places sont mises en vente, et elles partent à une vitesse folle :9h59 58″ avant l’heure, c’est pas l’heure, C’est une association http://www.desmotsetdesarts.com/accueil qui a réussi à convaincre la mairie de Paris d’ouvrir la Tour aux visites. et c’est sur son site qu’on se bouscule le lundi matin

10h 00 20″ » ouf, après avoir tenté 10h00, 11h00, midi, me voilà bien contente d’arriver à réserver pour 13 heures ! Il y a un rattrapage sur place le mercredi matin , mais ça doit tenir de la mêlée ouverte dans le square Saint-Jacques.

Donc après avoir vérifié ses chaussures, avoir sorti de mon sac mon parapluie qui l’alourdit mais y avoir glissé mon appareil photo, j’ai pris le chemin du square Saint Jacques. Je n’y étais encore jamais seulement entrée. Il s’agit du premier square « à l’anglaise’ de Paris  La tour a servi de  » tour à plomb « entre la Révolution et la fin du XIXe siècle. puis elle a été restaurée. Mais comme au XIXeme on avait déjà fondu les cloches, on a remplacé les abats-sons par des vitraux incluant beaucoup de grisaille, et quelques blasons. Je pense que le N qui trône sur fond d’or est un hommage à l’empereur Napoléon III, encore que pour cette église il soit beaucoup question de Nicolas Flamel, qui fut un des généreux donateurs de la première église.

L’épreuve de l’escalier passée, on arrive sur la terrasse. A 54 mètres du sol, on a remonté un demi millénaire. La vue plonge sur la rue de Rivoli -presque déserte un samedi, amis le week-end du 15 août-, longe la Seine, s’étend jusqu’au Mont Valérien, aux Buttes Chaumont, à Montmartre. Les clochers dépassent, les dômes et les coupoles se multiplient, Invalides, Institut, les tours se télescopent, la courbe de la Seine brouille les pistes. On reconnaît des monuments, on en confond d’autres, on découvre les échafaudages du Panthéon. On admire les sculptures, la plupart des copies puisque les autres sont sauvegardées, les feuilles d’acanthe, Saint Jacques de dos, . On marche doucement sur la toiture en plomb -décidément, on comprend que les chaussures à talon sont proscrites- on pose la main sur la pierre. On admire les feuilles d’acanthe, les évangélistes.
Mais déjà il faut redescendre, on resterait bien là-haut prendre un café, le thé, un soda, surtout pas d’alcool, l’escalier tourne assez comme ça ! Et on se dit que les belles dames du temps jadis, avec leurs longues robes à traîne et leurs hennins… n’ont jamais du passer par là, que le sonneur de cloche avait bien du courage, et le fondeur de plomb bien de la chance de profiter de la vue, même s’il a du mourir de saturnisme.Après le soleil qui s’est levé pour nous, l’escalier est vraiment bien sombre et les marches bien usées. Mais on envie déjà ceux qui vont monter. Et on se dit qu’après tout, on aura peut-être commencé ici une série d’escalades de clochers, tours et beffrois parisiens, juste pour vérifier si les vues se recoupent …

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Week-end régressif


Tout a commencé avec la Japan expo.Froggy l'éventail En y arrivant vendredi, j’ai été accueillie par mes amies Chidori et Midori. Chidori avait déjà fait des emplettes. Ceci est un truisme. Chidori commence toujours ses emplettes avant tout le monde. Elle doit avoir un ressort au fond de son sac pour faire jaillir son porte-monnaie. Autant je peux me poser des questions, en ai-je besoin, est-ce que ça prend de la place ? Est-ce que ça va avec (au choix) Ma jupe verte / Les rideaux de mon salon / ..

autant Chidori a déjà décidé d’acheter un truc, après, elle se contente de choisir le modèle, la couleur, d’hésiter, celui-ci est plus rose, mais j’aime bien les dessins de celui-là, et on peut rajouter des paillettes ? (j’ai un souvenir de négociation pour une coque de téléphone…).

Enfin là, avant mon arrivée, elle avait repéré un truc qui me plairait. Et de son sac à malices elle m’a sorti… un joli éventail en tissu avec une superbe grenouille. »

 

Comme je suis allée me promener dans la Japan toute fière avec mon éventail, à l’espace Wabi sabi (je sais, ça ressemble un  peu à wasabi mais ça veut surement dire autre chose), une exposante a admiré cette grenouille. Et de me dire qu’elle collectionnait les grenouilles. Moi aussi, me suis-je exclamée ! J’adore les grenouilles, et une copine vient de m’offrir cet éventail.

Nous nous mimes donc à coasser de concert, ou, plutôt, je lui ai parlé du conte de la grenouille d’Osaka et de la grenouille de Kyoto. Et ai ainsi fait découvrir un conte japonais… à une Japonaise.

Et puis, je me suis promenée avec Ladilae, qui cherchait un petit picachu pour un cadeau. Les picachu, quelle que soit leur taille ne se promènent pas n’importe où, à la Japan expo, certaines échoppes en regorgent. Ils sont généralement made in PRC, qui ne veut pas dire PolyRadonite de Chlore mais Popular Republic of China et a remplacé subrepticement les Made in China des étiquettes. Donc ces officines vendent toutes sortes de trucs impossibles, super flashys, au gré des modes. Et cette année, mais il parait que c’était déjà le cas l’an dernier, ce sont les alpagas qui le sont à la mode. Or, si j’adore les grenouilles, j’adore aussi les alpagas. C’est mignon, c’est doux comme un agneau, ça fait de très beaux pulls, ponchos, chaussettes, et, ceux qui sont allés au Pérou vous l’avoueront tous, des steaks et autres carpaccios à tomber.  Donc j’ai craqué pour un alpaga en peluche, un petit, un parme, j’ai fait trois stands-merci Ladilae d’avoir regardé le prix dans une boutiqueAlapaca parme précédente et suis repartie fièrement avec un alpaga à écharpe et cache-oreilles. Il est pas mimi ? Même s’il a tendance à piquer du nez.

Enfin, dimanche, en passant devant le marché à côté de chez moi, je suis tombée sur un stand tenu par un couple de Péruviens. Chapeaux de paille (pas de jolies formes), des vestes pour bambins très colorées et des marionnettes à doigt. Comme je n’avais pas de cadeau de naissance de prévu, j’ai craqué sur les marionnettes, ai évité les choses un peu trop internationales et ai fondu sur un lama, un colibri et un condor, qui comme d’habitude, pasa. Ne me reste plus qu’à trouver quelques contes péruviens où il est question de ces bestiaux, et à réviser jusqu’à trouver l’occasion de le placer.

E le condor pasaLe colibri

 

Récapitulons : un éventail grenouille, une peluche et trois marionnettes, sans parler d’autres emplettes, pas régressif, mon week-end ?

Publié dans Expos, Sanariv kamwa. Étiquettes : , , , , , , , , . Commentaires fermés sur Week-end régressif

Toutankhamon : exposition ou recréation


Un petit tour cet après-midi à la Porte de Versailles pour l’exposition la plus étrange que j’aie jamais vu.

Pas d’originaux -cela surprend, pour avoir traîné mes guêtres dans les musées et les expos, de Ramsès à Amenophis, et avoir rencontré le jeune pharaon le plus médiatique des cent dernières années dans le minuscule Musée des antiquités de Bâle. Donc, au Parc des Expositions, tout est en toc. Cela permet certes de faire des photos. Et, surtout, on est entraîné dans une muséographie -mais peut-être devrais-je dire scénographie- époustouflante. Sans doute ai-je l’habitude d’entrer n’importe quand dans les projections de docs dans les musées, mais là, pas question, on attend son tour -toutes les 10 minutes- et on a droit à un biopic de l’histoire de Lord Carnarvon et Carter. est-ce pour déstabiliser un peu plus le spectateur ? 4 bancs de 5 places à condition d’être mince; par groupe de 50 personnes, donc tout le monde debout. Et pas question de rester à la fin ou de repasser dans la première salle, on est entraîné vers la seconde, tout aussi spartiate. Le son ? Dans l’audioguide -compris dans le prix, encore heureux, on en arrive à un billet à 16 € quand même… Celui-ci existait-il en langue étrangère ? Même pas sûre, et étant donné le nombre de fois où j’ai entendu parler allemand dans la file d’attente, ce serait bien dommage. Poussés par des aboyeurs, qui font vider les salles, poussant les égyptocurieux vers une reconstitution de l’antichambre, avec son fouillis organisé, tel que nous ont permis de le découvrir les photos de Carter, puis, après explications toujours à l’audioguide, vers d’autres reconstitutions, salle du tombeau, salle du trésor. A la fois identique et tellement différent. Cinquante personnes dans une salle, alors qu’on nous précise les dimensions ô combien réduites reproduites à l’identique des salles du tombeau original, et là, on fait s’asseoir les enfants par terre, les plus fatigués tentent de se partager les bancs de moins en moins nombreux, les autres sans s’en soucier passent devant. Pas intérêt à flâner, on est poussé sans répit d’une salle à l’autre. Impérativement, il est obligatoire de découvrir les salles à la manière de Carter avant même de pouvoir découvrir la moindre pièce presque issue du tombeau.

Le masque de Toutankhamon by Lennystc2010
Le masque de Toutankhamon, a photo by Lennystc2010 on Flickr.

Ils sont beaux les Anubis, les masques, les vases canopes. Brillants, étincelants, neufs, pas le moindre signe de l’usure des temps, alors qu’on nous dit que des archéologues ont donné leur aval. Reconstitués. On est à l’intérieur d’une mise en scène, non celle de la découverte, pleine de poussières, de sables, de crasse, d’usure des temps, mais celle de l’ensevelissement de la momie, avec ses colliers bien brillants, ses statuettes qui n’ont connu aucune ébréchure. Peut-être même d’un temps qui n’a jamais existé même puisque les objets enfermés dans la tombe du Pharaon ont parfois été utilisés du vivant du pharaon. On est arrivé dans le domaine du théâtre, du péplum. L’histoire du fils d’Akhenaton. Il en manque un peu d’émotion. On ne s’approche plus de la momie le souffle coupé, on prend son APN et on zoome. J’ai même vu quelqu’un se faire photographier devant le dieu des morts, sa majesté Anubis. Qu’il lui arrive un accident dans le 24 heures, parlera-ton de la malédiction de Toutankhamon, ou rejouera-ton La momie -celui avec Boris Karloff, dont les imperfections de l’image, l’outrance du jeu ne peuvent masquer une imperfection qui là encore me touche plus que les blockbusters -?

Toutankhamon imparfait mais réel confiné dans une salle aux murs tendus de tissu noir -à Bâle- ou reflet de Toutankh’ photoshoppé en 3D -tout autour du monde ? Que choisir ? Le réel devra-t-il dorénavant rester à l’abri des regards de non-scientifiques ? Allons-nous vers une musée-irréalité ? Mais alors pourquoi préférer l’exposition aux visites virtuelles, tellement plus confortables, mais qui permettent d’appréhender, derrière un écran bien évidemment, les vrais, le petit morceau d’or ou de lapis manquant, l’endroit où le bois est rayé. Dans un monde de la perfection esthétique, la chirurgie semble avoir frappé le jeune pharaon, et les objets qui l’ont accompagné outre tombe et l’ont fait découvrir à nos arrière-grand-parents.

La muséo-scénographie de demain sera-t-elle inspirée de celle de cette drôle d’exposition, où on déplace les visiteurs comme il avait été fait il y a quelques années pour la mise en scène de Tosca in situ ? Verra-t-on d’autres types d’expositions suivre ?  Lascaux 3  ? 4 ? 25 ?par groupes de 100  ? à Paris, Tokyo, Sydney ?  Reconstitution de la guerre d’Espagne pour une expo Guernica, où les spectateurs se retrouveraient les armes (de paintball) à la main ? Expositions de sites, de fresques, d’objets fragiles, d’architecture, sans transport, en plus neuf, (donc plus vrai ?) que nature ?

Pour en profiter, le double de Toutankhamon s’expose jusqu’au 1er septembre -avec nocturne le 31 aout- .

Robert Doisneau… un gamin de Paris centenaire


Aujourd’hui, c’est encore un doodle qui m’a mis la puce à l’oreille. 14 avril 1912, naissance de Robert Doiisneau, photographe dse amoureux de l’hôtel de Ville, de la tour Eiffel,  des gamins de Paris qui marchent sur les mains, de ceux qui rêvassent dans les classes, ces gamins en culotte courte. D’ailleurs, depuis combien de temps les enfants ont-ils aussi le droit de ne pas avoir froid aux jambes ? La mode adulte varie, la moide enfantine évolue, plus lentement peut-être mais ce point-là est crucial. A l’époque de la guerre des boutons (le film, en 1962, les garçons n’avaient-ils toujours pas droit au jean ?

Enfin, j’étais venue vous parler de Robert, le portraitiste des inconnus, et non le photographe de mode, mais finalement, les photos de Doisneau ne sont-elles pas un témoignage du « street wear » de ces années-là ?

Quant à ses portraits, il est loin des studios Harcourt, il photographie ses potes, avec humour

Prévert

Scream 2.0


Ayant, dans une boutique La Chaise longue qui bradait avant travaux, fait l’acquisition d’une planche de silicone pour glaçons du nom de la marque  « Frozen ice tray » et du nom de Scream.  Scream, ça me dit quelque chose. Je ne suis pas sure de les avoir tous vus mais au moins 3 sur 4. Et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir sur la boîte mon tableau fétiche, j’ai nommé le Cri de Munch. Autre titre, l’allemand : « der Schrei », bon, tout ça ne me disait pas que les « de langue anglaise » l’avaient baptisé « Scream » Quelques recherches sur le net plus tard je viens de découvrir que le masque de Scream a été réalisé d’après un vieux masque d’Halloween lui-même inspiré de …. Munch et de son cri.
Je ne verrai plus jamais ce tableau du même œil !affiche Le Cri
Donc quand vous vous rendrez à l’expo du Centre Pompidou, vous comprendrez qu’on ne vous laisse pas entrer avec un couteau de boucher. D’ailleurs j’espère que ce n’est pas encore une expo que je vais louper. Les heures sont rares en ce moment…

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