Chandeleur aux chandelles-2


Pas d’électricité, chez moi comme chez vous, cela veut dire plus de frigo, et le congélateur qui ne tient pas très longtemps -enfin chez moi, parce qu’en l’achetant je ne me suis pas préoccupée de ça.

Pas d’électricité ça veut dire pas de soupe chaude, de thé, de bouillon, de tisane, de chocolat, de n’importe quoi qui réchauffe.

Pas d’électricité à 22h45 cela veut dire qu’il commence à faire sacrément froid, alors que deux bougies chauffe-plat et un bougeoir tentent piteusement de donner une lueur de … lueur à mon salon.

A 22h45, un soir sans lune, prête moi ton stylo, pour écrire un post, mes chandelles vacillent, je n’ai plus de chauffage et l’ouvre-porte de mon immeuble va se bloquer fermé.

Au clair de pas d’lune, il me reste une pile et une lampe de poche éclaire mon papier.

Au clair de pas d’lune, j’entends dans la rue, des conversations, qui parlent EDF, ma voisine en bas n’allume pas son briquet. Planquée dans sa doudoune c’est la présidente, du conseil syndical.

A la chandeleur, je n’ferai pas d’crêpes, parce que déjà, il faudrait qu’j’trouve un plat, ou un saladier, personne n’est parfair. Et que ça va vite, dans l’noir de casser.

A la chandeleur, je n’ferai pas d’crêpes, même dans une poêle, l’induction n’sallume pas.

Quand, aux dernières lueurs d’un photophore miteux je pense au froid, aux chandelles et à mon post de 02h20, je me dis qu’ici, va faire un froid de gueux.

Pourquoi mais pourquoi, si j’ai des bougies, ai-je rangé si haut mes rares bougeoirs ? Ils étaient mignons, chinés en brocante, dans le fond d’une boîte, les voilà enfouis. Or sur l’escabeau, au clair de pas d’lune, je n’vais pas grimper à la lampe de poche. Tout ça c’est fragile, je vais tout casser. Pas futée Lenny, on l’aura compris.
photophore

A la chandeleur, à la lueur des chandelles, je me sens revenue à une époque oubliée, où tout était prévu pour les jours de grand froid. Dans la cheminée, flambait un bon feu, qui ne devait rien à l’électricité. On portait des pelisses, des dizaines d’épaisseurs de lainages ou des peaux de bêtes, on écrivait quand il faisait jour ou à la lueur de mille bougies reflétées par le cristal taillé des lustres. La nourriture se boucanait et on commençait une bête par le bout qui s’abîmait le plus vite. Et même si les mêmes n’étaient pas forcément vêtus de peaux de bêtes sous les lustres, jamais au grand jamais une centaine de personnes au moins ne se trouvaient privées tout à la fois de feu et de chandelles.

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Loup, canard ou gueux ?


étoileJ’ai longtemps dit qu’il faisait un froid de canard quand ça caillait (euh… canards ou cailles ?) même si justement, les canards ne sortent pas par des temps pareils les pauv’ bêtes, ils risqueraient de se faire piquer leurs plumes par un amateur de duvet.Froid de loup, c’est que les loups sortent du bois. Mais c’est depuis peu que j’ai entendu cette expression qui me paraît tout droit sortie d’un château-fort médiéval : il fait un froid de gueux ». Allez, on pourrait remplacer par plein de choses : un froid de Péruvien parce qu’au Pérou on ne chauffe pas les maisons, un froid de pingouin, d’ours blanc, d’inuit même.

Bon tout ça pour dire que ça caille dehors, que ce soir je suis rentrée du boulot vite vite vite et que ce coup-ci pour les canards, les loups, les gueux, et tout un chacun, l’hiver a bien commencé.

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