Chandeleur aux chandelles-3 (et fin)


Au clair de pas d’lune, j’ai bien froid aux pieds. Et même si j’ai acheté des chaussons fourrés, il faut que je coupe l’étiquette qui les r’tient. Au clair de pas d’lune j’ai les pieds gelés.

Au clair de pas d’lune, j’ai fait du courrier. Pire que jamais, j’avais dépassé la date limite des vœux de bonne année. Au clair de pas d’lune j’en ai gribouillé. Au clair de pas d’lune je n’ferai pas d’enveloppes parce que les adresses sont à deux endroits, sur mon téléphone, que j’économise, et sur internet auquel plus n’ai accès.

Au clair de ps d’lune les ciseaux ai trouvés. Mes chausson fourrés je les ai séparés et maintenant au moins, j’ai moins froid aux pieds.

Au clair de pas d’lune, mes doigts sur le papier n’arrêtent pas de bouger et je pense alors à mon conte préférée, celui d’Andersen, où la petite fille, craque des allumettes et voit sa grand-mère. Me réveillerai-je demain matin les lèvres bleues et le sourire aux lèvres ? Ou plutôt me réveillerai-je pas le sourire au lèvres ? Me trouvera-t-on gelée à côté de ce post qui n’a toujours pas été posté ? Quelles lumières se rallumeront puisque certaines qui vacillaient se sont éteintes tout à l’heure ? Vais-je avoir le courage de ne pas grignoter la fin d’un paquets de croquants du Berry -non je ne parle pas de Jacquou mais d’une recette de tuiles que je ne peux que vous recommander. Quelqu’un dans mon immeuble mettra-t-il le feu avec ses fichues bougies ? Toutes ces questions seront bien sur résolues lorsque -ou si- vous arrive(re)z à me lire. Ou plutôt si j’arrive à partager cet écrit.

Mais le sommeil guette plus facilement celui ou celle qui dans une maison sans musique (ça aussi ! je n’ai même pas pensé à sortir flûte, tambourin ou sanza) à la lueur de mini-flammes ne peut plus qu’aligner des lettres quelle devine plus qu’elle n’écrit.

A 23h45, par un soir sans lune, j’ai craqué en croquant un croquant. J’ai continué à écrire à la lueur un peu distante des bougies. ET j’ai pensé aux SDF qui n’avaient même pas ça, ni toit, ni bougie, ni croquant, ni chaussons fourrés. Juste le froid glacial. M^me pas un froid moscovite puisqu’il paraît que le temps de ce début 2012 nous vient tout droit de Russie, que le vent souffle de l’est et que bientôt on va nous dire que la terre tourne dans l’autre sens et que la France a opté pour un climat trans-ouralien?

Au clair de trois chauffe-plats, d’une bougie blanche qui se tord, d’un photophore parfumé je me demande si je ne vais pas aller me coucher. Et quand je rallume ma lampe électrique que sans lumière j’écris plus gros, moi qui ai une écriture patte de mouche tout en hauteur, pas du tout arrondie, toute fine, j’ai arrondi alors que je ne voyais presque plus. Si un graphologue passe par là sans doute pourra-t-il dire pourquoi.

A minuit, sans plus d’espoir, je vais souffler sur mes bougeoirs, afin que cesse cette drôle de Chandeleur sans crêpes mais aux chandelles.

Baïkal

P.S Pour ceux qui s’inquiéteraient, l’électricité est bien revenue vers 4h30 et le problème s’étendait non à mon immeuble mais au quartier tout entier.

Chandeleur aux chandelles-2


Pas d’électricité, chez moi comme chez vous, cela veut dire plus de frigo, et le congélateur qui ne tient pas très longtemps -enfin chez moi, parce qu’en l’achetant je ne me suis pas préoccupée de ça.

Pas d’électricité ça veut dire pas de soupe chaude, de thé, de bouillon, de tisane, de chocolat, de n’importe quoi qui réchauffe.

Pas d’électricité à 22h45 cela veut dire qu’il commence à faire sacrément froid, alors que deux bougies chauffe-plat et un bougeoir tentent piteusement de donner une lueur de … lueur à mon salon.

A 22h45, un soir sans lune, prête moi ton stylo, pour écrire un post, mes chandelles vacillent, je n’ai plus de chauffage et l’ouvre-porte de mon immeuble va se bloquer fermé.

Au clair de pas d’lune, il me reste une pile et une lampe de poche éclaire mon papier.

Au clair de pas d’lune, j’entends dans la rue, des conversations, qui parlent EDF, ma voisine en bas n’allume pas son briquet. Planquée dans sa doudoune c’est la présidente, du conseil syndical.

A la chandeleur, je n’ferai pas d’crêpes, parce que déjà, il faudrait qu’j’trouve un plat, ou un saladier, personne n’est parfair. Et que ça va vite, dans l’noir de casser.

A la chandeleur, je n’ferai pas d’crêpes, même dans une poêle, l’induction n’sallume pas.

Quand, aux dernières lueurs d’un photophore miteux je pense au froid, aux chandelles et à mon post de 02h20, je me dis qu’ici, va faire un froid de gueux.

Pourquoi mais pourquoi, si j’ai des bougies, ai-je rangé si haut mes rares bougeoirs ? Ils étaient mignons, chinés en brocante, dans le fond d’une boîte, les voilà enfouis. Or sur l’escabeau, au clair de pas d’lune, je n’vais pas grimper à la lampe de poche. Tout ça c’est fragile, je vais tout casser. Pas futée Lenny, on l’aura compris.
photophore

A la chandeleur, à la lueur des chandelles, je me sens revenue à une époque oubliée, où tout était prévu pour les jours de grand froid. Dans la cheminée, flambait un bon feu, qui ne devait rien à l’électricité. On portait des pelisses, des dizaines d’épaisseurs de lainages ou des peaux de bêtes, on écrivait quand il faisait jour ou à la lueur de mille bougies reflétées par le cristal taillé des lustres. La nourriture se boucanait et on commençait une bête par le bout qui s’abîmait le plus vite. Et même si les mêmes n’étaient pas forcément vêtus de peaux de bêtes sous les lustres, jamais au grand jamais une centaine de personnes au moins ne se trouvaient privées tout à la fois de feu et de chandelles.

Chandeleur aux chandelles-1


Étrange soirée que celle de cette Chandeleur.
A 02h02 le 02 /02 /12 je mettais ici même un post. Et à 21 h00, je rentrais dans un immeuble sans ascenseur, sans lumière dans l’escalier, où la faible lueur de mes ampoules halogènes me laissaient croire que j’avais oublié de retirer des lunettes de glacier en appuyant sur l’interrupteur. Mention spéciale d’ailleurs aux ampoules basses tension économie d’énergie très moches qui réagissent encore. Mention très très très insuffisant pour le tube fluo de ma cuisine, qui refusait de s’allumer. Mon couteau suisse, qui porte également le doux nom de Nokia N8, m’a permis de rassurer mon père sur mon arrivée, de m’éclairer dans l’escalier, d’appeler Miss Paramount qui habite de l’autre côté de la rue pour savoir si, chez elle…, de trouver des bougies, des allumettes, une lampe de poche quand ce qui restait de lumière s’éteignit brutalement. Seule lueur : un petit voyant vert sur mon chauffe-eau, unique survivant d’une époque où la fée électricité se penchait sur tous les appareils électro-ménagers de la région.

Une chandeleur aux chandelles, après tout pourquoi pas. Mais un article de blog sans électricité, c’est finalement plus difficile. Mon smartphone pouvait le faire mais… j’avais déjà bien tiré sur la batterie, il fallait qu’il assure seul comme un grand sa fonction de réveil. Radio réveil secteur, impossible d’être sure que quiconque puisse me joindre sur un fixe dépendant d’une box demain matin, et à l’angoisse du « comment je vais faire pour bouquiner pour m’endormir » succédait l’angoisse du « comment je vais faire pour me réveiller ». Éteindre le téléphone, pour économiser la batterie, en espérant que la fonction réveil soit comme pour tous effectivement indépendante de l’allumage. Heureusement, j’avais omis de l’utiliser sur endomondo, alors que j’avais bien marché dans cette journée où je n’avais pas voulu attendre des bus. Et cet article de blog, sans rien pour le taper, puisque je n’ai pas de laptop, mais un PC de bureau, donc cet article qui me trottait dans la tête comme une armée de cafards, comment faire ? J’ai pris un stylo, cette chose qui contient de l’encre et sert à apposer sa signature, une feuille de A4, identique à celles que je mets dans l’imprimante, j’ai pris le stylo dans la main droite -je suis une gauchère très contrariée- posé le papier sur une BD, et, sans en avoir l’air, à ce point exact, j’en suis déjà à une page et demi. Trop long ce post ? Sûrement, surtout que je n’ai pas fini.lampe de poche

La vie sans électricité ou comment trois gouttes d’eau m’ont pourri la vie


Tout a commencé jeudi…. et on est mardi.
Donc jeudi, alors que je consulte mes mails vers 12h30 -j’étais en congé jeudi, donc chez moi, l’électricité s’éteint tout à trac. -Pour ceux qui ne voudraient l’étymologie de cette expression, il n’y a pas marqué tlf. Je bondis vers le compteur, relance, dix minutes après, rebelote, et tout ça quatre fois de suite. La dernière étant l’ultime. Rien à faire, le coupe-circuit général me dit quelque chose du genre « cause toujours, tu m’intéresses » dans son langage de coupe-circuit, ce qui fait comme son quelque chose genre « CLANG » et comme image quelque chose du genre black out. D’autant plus que ledit coupe-circuit est situé, comme la majorité d’entre eux, dans un des coins les plus sombres de mon appart. Messieurs les électriciens, pourquoi ne mettez-vous pas les disjoncteurs, compteur… près d’une fenêtre, bien exposée, puisqu’on ne s’en préoccupe que quand il n’y a plus d’électricité ?
Donc heudi, vers 13h00, plus de lumière. Evidemment, je n’avais pas que ça à faire, mais je commence par tester les autres disjoncteurs -pas de problème si je rallume le chauffe-eau, la plaque électrique, le frigo, le four, la cafetière…. la machine à laver, le dernier… eh ben c’est pas ça, ou plutôt c’est ça, c’est celui qui fait tout sauter. GRRR évidemment, c’est celui qui gère toutes les lampes et les prises chez moi. Donc, mon ordi -j’ai un PC bureau- et aussi ma freebox, donc à la fois téléphone, internet, télévision. Est-ce bête, moi qui n’ai plus un cent sur mon portable, avouez que ça pourrait tomber mieux.
Je me mets à crapahuter dans mon appart à la recherche des différentes prises, histoire de les débrancher les unes après les autres et de réenclencher ce fichu disjoncteur.
Rien, même si mes barrettes multiprises donnent des frissons à certains, rien de rien. Pas d’odeur de cramé non plus -ça, ça m’était arrivé chez mes parents, en branchant un radiateur électrique sur la prise de ma lampe de chevet. Pas déçu du voyage mon père, le tableau -sur bois il me semble- avait cramé. Et je râlais parce que je n’avais plus que la moitié des prises de l’appart qui fonctionnaient. Déjà le frigo…décidément, c’est à croire que je suis abonnée aux disjoncteurs sauvez mon frigo »
Donc je rampe, je tire les meubles, je démêle des câbles et …. et après avoir tout essayé je regarde au plafond. Rien de rien. Bon ben c’est pas tout ça, j’ai une course urgente à faire, je vais au resto le soir et je me dis que mon disjoncteur va arrêter de faire son intéressant quand je ne le regarderai plus. Oui, je sais, il y en a qui ont de l’espoir. Évidemment, quand je rentre, même topo. Le lendemain, rebelote. Une chance, mon père est assez doué en électricité, SOS, mais … pas possible de démonter l’avant du tableau. Je sais c’est cornichon mais bon…
Je retourne au boulot, pagesjaunes.fr, et je cherche l’électricien qui m’a refait… tout ce qui marche encore. Et qui pourra passer en toute fin d’après-midi -dommage, moi je suis clouée là.- ou mardi matin. Ça fait long mardi matin quand on est le vendredi après-m, croyez-moi ! En rentrant chez moi, je revérifie pour la deuxième fois de la journée mes plafonniers en commençant par la salle de bains. Parce que là bizarre, j’ai pris une douche le matin et le carrelage semble humide…. N’écoutant que mon courage -et un peu mon énervement, y a des moments, après tout où on a le droit de s’énerver- je reprends mon escabeau et vais retâter le plafonnier. Mouillé ! Trempé même ! ARGHHHH !!! Heureusement qu’il a disjoncté le disjoncteur ! Brave bête !!!!
Qu’eussiez-vous fait à ma place ? Hurlé ? vociféré ? Appelé les pompiers ? Bon, moi, j’ai commencé par appeler Miss Paramount à qui j’avais justement raconté mes problèmes ce midi. Et Miss Paramount me conseille d’aller voir mon voisin. Il faut dire qu’il n’est pas trop tard, du genre 21h30-45. Donc un étage plus haut, je raconte ! Mon voisin parait très étonné, va voir et découvre son tapis trempé. Mais voilà, mon voisin est locataire, il faut qu’il appelle sa proprio -demain samedi- et que celle-ci accepte -ou pas- qu’il appelle le plombier. Et il n’a pas l’air trop pressé le voisin, et la proprio a l’air radin. Je ne suis pas sortie de l’auberge !
Donc samedi, j’allais chercher dans mon relais Kiala mon imprimante/scanner toute neuve. Et je vérifie comment si elle marche ? Miss Paramount habite à 200 mètres de chez moi, l’imprimante, non seulement elle m’a aidée à la transporter mais on l’a installée chez elle. Et ce n’est pas tout, Miss Paramount, quand elle vous rend un service, elle vous invite à diner, c’est logique 🙂
Dimanche, elle s’est d’ailleurs lancée dans un bento dans l’après-midi, le bento, c’était pour un concours, du bento le plus kawaï, un mot japonais un peu équivalent du « cute » anglais. Mignon, si vous voulez, chou, trognon, choupinet, au choix ! Donc il y avait deux bentos, celui que vous voyez sur son blog, ici, http://misssparamount.livejournal.com/ sous le nom de « Bento 21, tentative kawai 2 » Et l’autre, pratiquement identique. L’œuf dur y était en forme de cœur. C’est pas kawaï ça ? Et avoir nourri pendant trois jours une pauvre malheureuse chez qui il commençait déjà à faire sombre dans toutes les pièces -même à cette époque-ci, mes fenêtre sont sur cour-. C’est pas encore plus kawaï ? Mais il y a surement un autre adjectif d’ailleurs en japonais. Je ne sais pas si elle va gagner quelque chose chez July, mais je lui attribue d’ores et déjà le prix du bento de la meilleure copine. Comme July va les soumettre au vote, je ne peux que vous inciter à vite vite aller voter pour Miss Paramount (le concours se termine le 28 avril et après il faudra surement faire fissa, alors je vous donne aussi le lien sur le blog de July ici http://www.lesbentosdejuly.fr
Autrement ? Eh bien j’ai utilisé quelques bougies, une lampe électrique à dynamo, j’ai rechargé mon portable sur la prise à côté de la cafetière, qui heureusement fonctionnait sinon, je ne serais sans doute pas là pour le raconter, je serais partie avec mon espresso sous le bras dormir par terre au boulot ou de gentils messieurs à blouse blanche seraient passé me mettre une autre blouse qui s’attache dans le dos.
Pas possible de passer l’aspirateur alors que mes débranchements de multiprises derrière les meubles m’ont laissé entrevoir des poussières insoupçonnées -mais soupçonnables par d’autres que moi- pas possible de repasser, d’ailleurs comment repasser sans lumière- bon, je sais, c’est une très mauvaise excuse, je déteste repasser et achète de préférence des trucs infroissables quand je n’utilise pas la touche anti-froissage de mon lave-linge.
Heureusement que mon appareil photo est muni d’un flash c’est tout ce qui a éclairé ma salle de bains en 5 jours <a href="plafonnier de salle de bains« >
Et je vous passe les détails sur les câbles. Le ^point positif ? Je me suis couchée plus tôt que d’habitude, surtout vendredi. Donc j’ai récupéré un rythme normal de sommeil. Point négatif, pas pu bouquiner, même dimanche matin.

Sinon eh bien… l’électricien est passé ce matin, il s’est rendu compte que toute le circuit de mon appart passait par la salle de bain au départ. Donc j’ai vu le coup où j’allais demander à mon assureur de me payer l’hôtel en attendant que son expert passe -juste histoire de faire activer les choses-, puisque, à chaque tentative de rebrancher, tout resautait. Il a mis deux heures à réussir à me remettre l’électricité dans toutes les pièces. Mon assureur est prévenu et doit m’envoyer un constat pour le dégât des eaux, le plombier prévenu -ouf- a changé un joint sous la baignoire- encastrée- et j’ai retrouvé ordi internet… et même ma nouvelle imprimante, et puis mon téléphone aussi, parce que quand on n’a plus de freebox, plus de mails, plus de téléphon et un message « le numéro n’est plus attribué ». Là, Free risque d’avoir le prix du n’importe quoi. Il est attribué mon numéro quand même ! Donc, point très négatif. D’où un mail envoyé samedi matin du boulot et adressé à une quinzaine d’amis qui risquaient soit de m’appeler, soit de contacter via msn -ah ben msn, j’ai pas au boulot ! Je profite d’ailleurs de ce post pour remercier tous ceux qui ont compati à mes malheurs. Ici ou ailleurs.

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