Les expos chocs de la MEP


Petite visite à la maison européenne de la photographie. Un bâtiment du Marais face à une boutique de bijoux indiens, où je ne suis même pas entrée.

En ce moment, et jusqu’au 25 septembre, quelques expos chocs, je n’en garderai que deux, L’ombre de la guerre et Jane Evelyn Atwood : photographies 1976-2010.

L’ombre de la guerre rassemble toutes ces photos qui hantent notre imaginaire, notre vision de l’histoire contemporaine, ces photos de grand reporter : la petite fille brûlée au Napalm, le soldat républicain de Capa qui reçoit une balle dans la tête, le GI, toujours de Capa, qui émerge de la Manche au moment du débarquement, le drapeau rouge sur le Reichstag, le jeune homme qui arrête la colonne de chars place Tien an Men, tous les conflits du Venezuela à la Corée du Sud, de l’Angola à la Tchétchénie, du Liban à l’Irlande du Nord, de la tour Nord qui s’écroule à l’ombre de l’échelle à Hiroshima.

Un cours d’histoire contemporaine en accéléré, des images choc, des images émouvantes, comme les pleurs de ces femmes autour d’un homme mort en Cisjordanie, des photos qui nous disent que le monde n’est pas bien pacifique, et que les marchands d’armes ont des raisons de se réjouir. Un regard, et un constat, en plein milieu de la salle, le budget des armes dans le monde.

Un remarquable texte accompagne chaque photo, biographie du photographe, resitue la période, et bien sur le moment où la photo a été prise. Au gré des portraits l’expo répond à la question « pourquoi devient-on photographe de guerre ? »
Cela s’appelle vraiment le poids des mots, le choc des photos.

Veille autour du corps de Nasimi Elshan, militant séparatiste kosovar tué par les milices serbes de Milosevic.Veille autour du corps de Nasimi Elshan, militant séparatiste kosovar tué par les milices serbes de Milosevic.

Autre exposition un étage plus bas, celle consacrée à Jane Evelyn Atwood, qui suit des thématiques sur plusieurs années, photos de jeunes aveugles, photos de Haïti avant et après le tremblement de terre de 2010, photos de victimes des mines anti-personnel, une de ses grandes croisades, photos de femmes en prison, de la Russie aux États-Unis en passant par la France. Étrangement, une seule thématique a incité le musée à mettre en garde le public, il s’agit de celle des prostituées photos prises rue des Lombards dans les années 70. Comme si le reste des images qu’on pouvait voir là, condamnées à mort, enfants qu’on a privé de leurs jambes, corps sans vie dans les ruines de Port-au-Prince, n’était que dérisoire, comme si les armes qui parlaient à l’étage du dessus n’étaient pas un témoignage de la violence de l’humanité. Alors pourquoi quelques chaînes choqueraient-elles plus lorsqu’elles sont portées par un homme dans un hôtel de passe que lorsqu’elles sont aux pied de femmes qui travaillent au bord d’une route aux États-Unis ?

Sur ces deux expos, on en est toujours à se poser de ce qui justifie que le public averti ne soit prévenu que là et si vous voulez savoir quelle est de ces deux expos la photo qui m’a vraiemnt choquée sans doute s’agit-il de celles qui ont été prises par des soldats américains mettant en scène les prisonniers d’Abou Grahib, « photos souvenir » trash d’une situation plus trash encore.

Si vous avez deux petites heures devant vous, passez donc vers Saint-Paul, sinon pour les photos de Jane Atwood, c’est ici

Romain Gary aux Lettres et manuscrits


Lorsque je m’y suis rendue début décembre, je suis sortie en me jurant de revenir. Pour prendre quelques photos déjà. Pas osé. Trop de monde. Et puis une affiche qui signalait qu’il était interdit de photographier un panneau. Celui sur lequel on tombe en arrivant. En tout cas dans le sens dans lequel je suis entrée. Ce panneau-là ne doit rien au muséographe. Un panneau que tout un chacun pouvait voir dans le bureau de Romain Gary, dans son appartement de la rue du Bac. Il est des personnes qui déchirent rageusement les photos de leur ex. Lui en avait fait un pêle-mêle. L’expo ne précisait pas depuis combien de temps ce panneau-là était dans cet état-là. Il faudrait le demander au dernier maître de céans, son fils, lui-même hanté par le souvenir de sa mère. Souvenez-vous, l’année dernière, il en a fait un roman, peut-être le roman d’une vie, en tout cas le roman de sa vie, S. ou l’espérance de vie. On aurait envie d’ajouter « devant soi » à cette vie-là, à part qu’il s’est enfin libéré de cette vie derrière soi, c’est à souhaiter tout du moins. Mais revenons-en au panneau. Un panneau de fan. Ailleurs, dans un autre lieu, ce serait un mur de fan. Jean au cinéma, Jean avec épisodiquement Romain, ou Diego, mais surtout Jean. Obsessionnellement. Jean -prononcer Djinn, comme l’aurait écrit Robbe-Grillet- au passé, ou peut-être au présent. Quand elle habitait là, juste à côté. On l’aurait cru narcissique, cet homme qui avait perdu un an plus tôt son ex-femme et qui décidait de s’en aller parce que… parce que quoi ? Trop de réponses, trop de mauvaises pistes. En quinze mois, qu’y avait-il eu de changé sur ce panneau-là ? Un peu plus de Jean ? Pour son fils ? parce que le père ? Qui sait ? Personne de vivant, Diego le sait bien.

Donc à part ce panneau, qui vous saute à la figure, il y a tout le reste, je ne vais pas vous faire faire la visite, quoique, si vous m’y recroisez je nous ferai le plaisir de vous expliquer « deux ou trois choses que je sais de Gary »*. Si on ne tourne pas dans n’importe quel sens comme moi, un dimanche où il y avait du monde, l’exposition est chronologique. Elle présente les manuscrits, mais aussi les tapuscrits, et les éditions originales. Et des comparatifs de versions de manuscrits. Qu’on ne vienne pas être passé par cette expo me dire que Gary ne se relisait pas. Perpétuel insatisfait, perpétuellement en recherche de la perfection, il était capable de modifier totalement un livre entre une édition et la suivante. Ayant pour ma part la chance de posséder quelques versions d’Éducation européenne, depuis la toute première -que ma mère qui s’est séparée de cet exemplaire en soit ici publiquement remerciée- je pourrais faire une comparaison de ce premier roman d’un aviateur français venu de Lituanie/ Pologne et qui avait atterri à Londres un beau jour de juin 1940. L’endroit est mal choisi, et d’autres ont travaillé sur ces textes depuis quelques années déjà, et mieux que moi puisqu’ils ont également exploré les versions anglaises, supervisées par Gary, cela va sans dire.
Donc il y a des manuscrits, des tapuscrits, des éditions originales, et un inédit qu’on aurait éventuellement le droit de manipuler mais jamais au grand jamais de publier. Je n’ai pu en lire que ce qui est exposé aux Lettres et manuscrits, peut-être un peu plus que ce qui était présenté dans le Magazine littéraire de novembre, guère plus. Un roman policier inachevé, il est vrai que c’est difficile à publier. Et pourtant… pourtant il s’agit si je ne me trompe du seul roman policier de Gary. Pourquoi ne pas l’avoir terminé me direz-vous ? d’autant plus qu’il s’en est inspiré pour son second film. Mystère, et boules de coke. Et puis des photos, un film, et… j’en arrive à faire un inventaire à la Prévert. Et n’oublions pas ces fameux manuscrits d’Ajar, recopiés par Pavlowitch, cerise sur le gâteau.

L’expo est prolongée, je vais pouvoir y retourner, histoire d’illustrer cet article en « c’est moi qui l’ai fait ». Revenez par ici d’ici le 4 avril. En attendant, je suis allée en piquer chez les autres RG evene
Musée des Lettres et manuscrits, 222 bd St Germain, Paris, c’est-à-dire qui plus est, pas bien loin de la rue du Bac. Donc, si vous passez dans le quartier, arrêtez-vous donc aux Lettres et manuscrits. Et histoire que vous n’ayiez aucune raison de ne pas savoir, où quand, comment, voilà l’adresse du site Musée des Lettres et manuscrits

Bonne expo !

* phrase reprise du sous-titre de l’essai de Paul Audi :La fin de l’impossible : deux ou trois choses que je sais de Gary, Paris, Bourgois, 2005

comment les bonnes idées de muséographie se heurtent aux contingences matérielles


Visite à l’exposition inaugurée hier sur le parvis de l’Hôtel de Ville, « Romain Gary et les Compagnons de la Libération ». Cette exposition dédiée aux compagnons de la Libération est basée sur deux axes : intellectuel, il suit le questionnaire que Romain Gary élabora dans les années mille neuf cent soixante dix. Ce questionnaire s’adressait aux Compagnons de la Libération et aurait du trouver un aboutissement dans un livre qui ne vit jamais le jour.
Le sujet est grave, les textes sont choisis, à partir des réponses au fameux questionnaire, tandis qu’un montage nous propose les voix de ces héros de la Résistance.
Enfin ça, c’est pour la partie intellectuelle de l’exposition. Parce que quelqu’un s’est dit qu’il fallait faire dans le symbolique, l’ensemble de l’exposition se déroule le long de panneaux qui forment une longue croix de Lorraine à l’intérieur d’un espace lui-même à l’abri des caprices de la météo. Tout cela est intellectuellement toujours intéressant.

Seulement on a à peine la place de se croiser à l’intérieur de cette croix, et on n’a aucun recul dans ce couloir pour lire les murs opposés. D’ailleurs, quand on s’arrête, on provoque un embouteillage. Or lire les textes, nécessite de s’arrêter. Quant aux témoignages, ils sont susurrés de telle façon qu’on entend encore la voix de la première série lorsqu’on commence déjà à entendre la seconde. Et le tout sans discontinuer. Ce ne sont plus des témoignages, ce sont des voix qui envoient un message brouillé de l’au-delà. Ne parlons même pas du côté étouffant du lieu, alors qu’il pleuvait sur le parvis de l’hôtel de ville, alors qu’il faisait frisquet sur Paris -16° en juin j’estime qu’il n’y a pas de quoi fanfaronner, on étouffait à l’intérieur. Le temps passe-t-il au beau, et l’on n’aura plus qu’à faire appel sans relâche aux pompiers.

Et puis, note au commissaire de l’exposition, Roman Kacew n’a jamais « fui en Russie » puisqu’il y est né. Et Madame Kacew n’a jamais été comédienne que dans La Promesse de l’aube, mais son fils, outre le fait d’avoir été héros de la Résistance, compagnon de la Libération, consul de France, était un grand écrivain, qui prenait parfois des libertés avec la réalité… (voir à ce sujet le récent et excellent livre de Jean-Marie Catoné : « Romain Gary, de Vilnius à la rue du Bac »)

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Encore plus dommage, à l’attention des personnes ne pouvant se déplacer, et ce même si l’exposition est itinérante, pas de vente de catalogue ou de DVD. Peut-être a-t-on craint de faire marchands du temple » mais lorsqu’on a déjà eu du mal à percevoir les bruissements, on pourrait avoir envie d’en emporter un petit morceau chez soi.

Par contre, même si je ne l’ai pas photographiée, je ne peux que saluer la photo gigantesque apposée sur la façade de l’hôtel de ville, portrait de De Gaulle réalisé avec les photos de tous les compagnons de la Libération. Je suis allée le piquer sur le site de la mairie de Paris d’ailleurs.
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Le froid est revenu… sur la cité des dieux


Certains ont la chance d’avoir tous leurs week-ends, samedi dimanche de congé. Moi pas, c’est comme ça, j’en profite en général pour aller dans les musées le jeudi matin -ben oui parce que le mardi y en a plein de fermés, et le lundi c’est est d’autres, entre temps il y a le mercredi courage fuyons et les hordes de gamins et le vendredi RTT. Mais là, j’étais en congé ce samedi après-midi, le ciel était plombé, le temps très frisquet, j’aurais pu choisir de me faire ds châtaignes dans mon wok avec une tasse de thé, eh ben non ! Pas de problème, tout le monde est en train de faire ses courses de Noël, pas question de me faire écrabouiller les orteils au Galeries Farfouillette, je file voir une expo que je n’ai pas encore eu le temps de voir, la faute dans le désordre à un plombier, une copine qui devait venir avec moi mais n’est jamais là, la grippe A, et quelques ratons laveurs…

16raccoon9 Je ne sais pas vous, mais j’aime bien les ratons laveurs. Ceux de l’inventaire de Prévert bien sur, mais aussi ces petites bestioles qui ont lé réflexe de nettoyer ce qu’ils mangent, alors qu’il y a des êtres humains qui ne sont pas fichus de le faire, ni de se laver les mains avant de manger d’ailleurs, c’est simple, depuis une certaine enquête sur les cacahuètes des bars, non seulement je ne mange plus de cacahuètes, mais je me demande si je ne vais pas arrêter les chips et autres trucs qui aident à ne pas être beurrée comme une petit Lu au bout d’un demi-verre. Donc pour en revenir aux ratons laveurs, j’ai un souvenir d’un livre d’enfant, une page d’un raton-laveur avec une pomme, je l’avais tout de suite trouvé bien sympa. On ne m’avait pas encore expliqué qu’il ne fallait jamais rincer ses fruits dans de l’eau pas claire de la rivière -dans à la claire fontaine, on peut laver ses fruits-, je ne connaissais pas la turista, faut dire que… je ne savais même pas lire… Bref, j’aime bien les ratons laveurs, et je profite de ce qu’ils passent par là pour saluer ces petites Zorros de la propreté. J’en adopterais bien un d’ailleurs, mais si je m’écoutais dans ma baignoire il y aurait déjà une loutre, et la mangeoire d’un veau, et puis on ne sait jamais, je suis peut-être aussi allergique aux ratons laveurs qu’aux chats. Je crois d’ailleurs que je n’en ai jamais vu un autrement qu’en photo. N’empêche que c’est mes voisines acariâtres qui seraient contentes de me voir me balader avec un raton laveur en laisse dans l’ascenseur. J’en ris d’avance.

Enfin revenons à nos moutons, ou plutôt à mon idée d’aller voir l’expo sur Teotihuacan au musée du quai Branly pendant que les autres se piétinaient dans les grands magasins les petites boutiques et les centres commerciaux. Donc alors que la température baissait déjà je pars sans gants, sans chapeau, sans écharpe, en me disant que si personne ne m’a dit qu’il y avait trois heures de queue, c’est qu’il n’y a personne, que ça ne passionne surement pas les foules, etc, etc. Béatement optimiste que j’étais. Déjà un peu moins quand j’ai vu la queue pour acheter un billet. Pour ceux qui n’ont pas encore mis les pieds au musée du quai Branly, la file d’attente n’est pas sous la pluie mais à l’air libre, au milieu d’un jardin, ça avançait moyennement et quelqu’un – ah ce quelqu’un qui va pêcher les infos et à qui quelqu’un d’autre de bien informé a dit que… il y avait 45 mn d’attente à l’intérieur. 45 mn, c’est un peu long, mais bon, j’y suis, j’y reste, je zappe les queues aux guichets puisque ça allait plus vite aux distributeurs automatiques, à part que je suis tombée sur un distributeur qui allait moins vite que moi et que j’ai failli lui donner mon code de carte bleue quand il me demandait le nombre de billets que je voulais. Je ne suis jamais très patiente, mais c’est pire quand j’ai froid aux mains et que je ne peux pas mettre mes mains dans mes poches, la faute à un distributeur. Heureusement que je ne vis pas à Moscou, je crois qu’il n’y aurait plus un distributeur de vivant dans les rues. Bref, je récupère mon billet, et je me précipite vers… une queue, le long d’un mur courbe, du genre dont on ne connait pas la fin exacte. Une horreur. Là encore, on est protégé de la pluie, mais on croirait que l’architecte du musée du quai Branly avait peur de la mousson, et qu’il n’a jamais envisagé qu’en bord de Seine aussi, il peut faire froid, très très froid. Surtout quand on part en jean, surtout quand on a un manteau tellement court que d’aucuns l’appellent veste. Et qu’on a beau avoir un col haut, et un coll roulé en-dessous, ça ne suffit absolument pas, et qu’on pense que cette foutue H1N1, à force de piétiner dans le froid au milieu de plein de gens dont peut-être certains sont porteurs du virus, on va finir par se la choper, histoire d’être malade le jour de Noël. Qu’on entend que certains vont tenter de se faire rembourser leurs billets, mais qu’ils sont derrière, les traîtres. Qu’un gardien se promène avec un panneau indiquant « à partir de cet endroit 1h30 d’attente » mais qu’il n’a pas l’air de savoir où le déposer ce panneau. Je crois que je pourrais refaire de tête le dessin qui ornait la librairie du musée, sur la gauche. Une sorte de serpent si j’ai bien compris.

Bon, l’expo, elle valait vraiment le coup d’attendre. Peut-être que je changerai d’avis dans quelques jours si je me retrouve sous antibios, mais pour l’instant, si si ! et un conseil, allez-y deux fois. Parce qu’il y a les endroits qu’il faut éviter pour cause de groupe qui s’agglutine -moins agressifs que dans d’autres musées les groupes, et puis parce qu’il faudrait presque lire une fois tous les textes avant de regarder les objets si c’était possible bien sur. A moins que parmi vous se trouvent des spécialistes de la civilisation de Teotihuacan, la cité des dieux, bien sur. Une drôle de civilisation d’ailleurs, à l’âge de pierre au 6e siècle ap. JC. Les civilisations amérindiennes n’ont décidément pas fini de m’étonner. Entre les Incas qui ne connaissaient pas la roue et les teotihuacans qui n’utilisaient aucun métal, on se demande comment ils arrivaient à construire des pyramides, les uns et les autres.  Mon seul regret, pour moi qui traine partout mon appareil photo, l’avoir justement oublié aujourd’hui. Mais l’expo n’est pas finie et avec un peu de chance j’arriverai à y trainer mon appareil photo afin d’immortaliser la poule folle poule-folleou la bataille des serpents à plumes, une fresque de cinq couleurs.
Drôle de civilisation dont on ne sait pas grand chose finalement, puisqu’on ignore toujours la forme de gouvernement et éventuellement le nom d’un des dirigeants, alors qu’ils avaient un système d’écriture, les glyphes. Etrange civilisation où le dieu de l’orage est tout puissant et… porte des lunettes. Surprenante civilisation que je ne peux que vous inciter à aller découvrir, bien emmitouflés, avant le 20 janvier.

La mort par gâteau


Je sais c’est affreux, mais si vous m’aviez vue il y a 10 jours, ce n’en était pas loin. Ce n’était pas de la gourmandise, non non non, j’ai bien failli dire « ce gâteau m’a tuer ».

Donc je préparais un apéro dînatoire, ce qui avait mal commencé c’est que la veille j’avais fait les courses et que j’avais oublié la moitié des choses. Donc que j’étais redescendue à la supérette du coin. Heureusement qu’elle existe celle-là !  Surtout que j’étais redescendue plusieurs fois. Parce qu’il y a les trucs que j’oublie, et les trucs dépassés par les évènements. Soit je n’ai pas utilisé de fécule depuis très longtemps – horreur et damnation, ça fait horriblement longtemps que je n’ai pas fait de gâteau,  soit j’avais racheté de la fécule, utilisée, jeté la boîte depuis, soit je ne fais absolument pas attention à la date de péremption. Et là, 2003, ça m’a fait un choc.

Cerise sur le gâteau -et quand je dis cerise, je tentais la forêt noire- mon imprimante décide que l’encre noire c’est fini. Plus exactement elle ne me dit rien cette andouille, pas le moindre petit message d’erreur, non, alors là vous allez dire que je suis totalement imprévoyante, que les cartouches d’encre ça ne périme pas… A part que je m’étais dit que je n’en rachetais plus puisque malgré les changements, nettoyages etc mon imprimante faisait des siennes. Des couleurs immondes, et de pire en pire, donc ma décision c’est je finis toutes mes cartouches et j’en rachète une autre ? Toutes, non, une cartouche jaune subsiste. Donc revenons à mes recettes, je me trouve devant des recettes à lire sur un écran et évidemment pas dans la cuisine. Alors dans le genre « il faut que j’ajoute du sel maintenant ou après, tout ça est moyennement pratique.

Pour en arriver au gâteau, habituée que je suis à mon four, je mets la température exactement supérieure à celle donnée par la recette. Le temps indiqué et je continue, tout en restant dans la cuisine je tiens à le préciser. Mon gâteau commence par lever superbement -ben tiens, j’ai tout fait pour- et je tourne le dos au four. Et brusquement, 10 mn avant la fin du temps réglementaire, je sens une odeur bizarre, et je ne jette de coup d’oeil qu’à la partie « compte-minutes » de mon four. Pas habituée à cuire du gâteau au cacao, -je précise que dans la forêt noire, on mélange la poudre de cacao avec la farine et la fameuse fécule- pas habituée à cuire du gâteau à la poudre de cacao disais-je je ne m’en fais pas plus. ALors là j’aurais du, parce que quelque chose comme une minute plus tard, alors que j’étais allée vérifier un truc sur mon ordi, une fumée épaisse sortait du four, et commençait à envahir ma cuisine. Heureusement qu’aucun de mes voisins ne devait passer par là, sinon quand j’ai ouvert la fenêtre, j’aurais du avoir droit aux pompiers. Mon gâteau ??? Car-bo-ni-sé. A un point que je ne pensais pas être possible. Une fois que j’ai eu fini de tousser, je me suis évidemment jetée à nouveau sur la recette, j’ai ressorti le batteur, remélangé tout- une chance j’avais été très prévoyante pour les œufs-, j’en avais encore 6 d’avance, et là, un œuf m’échappe, et finit sa course sur le sol. Alors, à ce moment-là, avec le four grand ouvert, l’œuf par terre, le moule en silicone à cramé incrusté qui trempait misérablement dans l’évier, le gâteau noir comme du charbon posé sur un alu parce que trop chaud pour aller dans le sac poubelle,  et juste après, quand j’ai cru avoir nettoyé l’œuf, trop vite bien sur, et que j’ai failli me casser la figure, là, franchement, je ne devais pas être  loin de cette photo. A part que le gâteau était totalement incomestible.  Et que je pense que je n’aurais pas accepté de me faire photographier.

Bon, tout ça, c’était ma contribution à Halloween, le jour où les morts se relèvent, et viennent vous chercher des friandises. Trick or treat ???

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