Calendrier des lendemains de fêtes


LE calendrier de l’Avent a été créé pour faire patienter les enfants jusqu’à Noël. Avec 24 -ou 25- cases, il permet de découvrir une image ou un mini cadeau surprise. Une blogueuse en a même créé un hilarant ici

Et le 25, en plus de l’image de la crèche il y a la vraie crèche, en plus de tous les petits sapins le vrai sapin, en plus des décors de rubans, les rubans autour des paquets, l’apothéose. Et le 26 ? A part pour ceux qui ont la chance d’être nés ce jour là, tout retombe. Déjà le 25 au soir, on se retrouve avec la vaisselle sale, le sapin qui commence à perdre ses épines, la superbe boule en verre qui s’est cassée en mille morceaux dont certains se sont planqués entre deux lames de parquet. Mais ce n’est pas tout. Le 26 on retravaille, on s’est retrouvé avec une part de bûche ou de dinde qu’on va manger sur son coin de bureau alors qu’on rêve d’une tisane aux fruits rouges, éventuellement on part avec le ticket de caisse échanger le cadeau qu’on avait déjà, qui est trop petit, qui… mais pourquoi tant de haine ?

Cela s’appelle « lendemains de fête ». Il n’y a pas grand monde dans les rues, entre ceux qui sont partis, beaucoup dans les trains et sur la route. Le temps est gris parce que c’est inévitable, on est en hiver depuis quelques jours, et réchauffement climatique ou pas de toute ma vie je n’ai vu qu’une seule fois de la neige un 24 décembre à Paris. Et bien entendu elle n’a pas tenu.Donc le temps est gris, le miracle de Noël ne s’est encore une fois pas produit, le 25 ça a plutôt été « La bûche » ou « Le père Noël est une ordure » que « Noël blanc », malgré toute la guimauve qu’on peut trouver en replay. Donc c’est là qu’on aurait envie de se consoler, avec une jolie image, un chocolat qui ne soit pas à l’huile de palme, un petit cadeau tout bête pour se remonter le moral, c’est simple, on se contenterait des rubans d’hier. Puisque de toute façon c’était le seul truc chouette de la journée. Au lieu de ça, il faut déjà penser au 31, repenser à manger alors qu’on se contenterait de tomates nature même si ce n’est pas la saison, ah mais alors pas du tout ! On repense à tous ces 26 décembre pendant lesquels on a déjà eu la bouche pâteuse, les épaules lourdes, d’ailleurs, il remonte à quand le dernier Noël réussi ? Et réussi pour qui ?

J’ai personnellement un souvenir génial de Noël, que je ne partageais pas vraiment avec ma famille. LE souvenir est flou parce que j’étais très très jeune.Etant née en octobre, c’était juste après mes 2 ou 3 ans. La table était sous une suspension de verre. Nous devions manger une pintade. Quatre adultes et moi. Je ne sais pas qui a attaqué la pintade, mais elle s’est bien défendue, et le couteau s’est cassé ou a perdu son manche. Je sais, mes souvenirs sont flous. Prudemment, j’ai été éloignée de la table. D’où des souvenirs en contre-plongée. N’écoutant que son courage, mon père s’est précipité pour arracher ce qui restait du couteau dans cette pauvre pintade. Mais mon père mesurait à l’époque 1,78 m. Coup de tête ou arrachage de couteau un peu dynamique, toujours est-il que la lampe a explosé. Tout le monde criait, bougeait dans tous les sens, c’était chouette comme tout. Bien mieux que guignol. Dans le souvenir des adultes, je rigolais, ce qui ne m’étonne pas. Quand on a vécu un Noël aussi sympa, on ne peut après qu’être déçue par les autres, plus personne n’a jamais cassé de couteau dans un volatile, plus personne n’a jamais explosé de lampe, plus personne n’a jamais fait de débat sur le thème « Peut-on manger une pintade pleine de morceaux de verre : argumentez », un vrai sketch, plus personne ne s’est jamais plus donné de mal pour organiser un Noël réussi. Et comme le père Noël a également démérité, m’offrant -j’ai retrouvé les photos- un tableau noir, un métier à tisser en bois à la place d’une machine à écrire, et toute une liste de cadeaux décevants, les 26 décembre ont toujours été des lendemains de fête sans saveur, sauf peut-être lors de la tempête de 1999.

Et si on faisait des calendriers des lendemains de fête, pour se consoler des guirlandes qui tombent du sapin, du temps gris, de la fausse bonne humeur des marchés de Noël qu’on démonte, des cartons et des bouteilles vides qui envahissent tellement le local poubelles que ça va être dur de jeter sa brique de jus d’orange, des pubs de blanc, des galettes des rois à l’amande de synthèse et à la graisse de chevaux de bois qui vont envahir boulangeries et supérettes, si on se faisait un calendrier pour attendre la première chose sympa qui arrive après les fêtes : les SOLDES … ou ce qui vous plaira.

halloween avent

Noël presque blanc


Vous souvenez-vous de ce superbe et terrible film : « Y aura-t-il de la neige à Noël » ? Un titre guilleret pour un film tragique que je ne peux que vous conseiller. L’histoire d’une mère de famille très nombreuse, en pleine campagne, qui n’arrive plus à joindre les deux bouts. Son mari est absent, très absent. Alors que Noël arrive, elle ne voit plus trop d’alternative autre qu’un suicide collectif. Mais…

Bon, je sais, j’ai tendance à aimer les histoires de Noël bien catastrophiques. C’est simple, ma préférée, c’est La petite marchande d’allumettes. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit d’un conte d’Andersen, où une petite fille qui tente désespérément de vendre des allumettes dans la rue une nuit de Noël bien froid -Andersen était Danois, ne l’oublions pas, donc à côté notre gel, et nos congères , c’est de la rigolade, et donc cette gamine en haillons essaie de vendre des allumettes. Seulement le soir de Noël personne n’a besoin d’allumette, elle se gèle, elle craque des allumettes pour se réchauffer, et elle rêve d’un repas somptueux, et que sa grand-mère vient la chercher. Et au matin, on la trouve, une allumette carbonisée entre les doigts. Je viens même de retrouver la couverture de l’édition que j’avais eue enfant.

Petite marchande d'allumettes

Si je raconte toutes ces superbes histoires de Noël, c’est en fait juste parce que cette année, on a eu un Noël froid, on attendait un « Noël Blanc » (ah, ça, c’est ma préférée, de chanson de Noël, Noël Blanc, ou White Christmas, je l’avais apprise à l’école, et elle me faisait rigoler, parce que en VF ça donne « Je regarde tes yeux clairs, Maman ! » Quand on a 7 ans et une mère dont il est difficile de distinguer la pupille de l’iris, c’est bidonnant White Christmas !!

Donc quelques (beaucoup) d’années plus tard, je m’apprêtais pour la première fois de ma vie (enfin je crois) à passer un Noël blanc. Il faut dire que je suis pratiquement toujours à Paris à Noël. Et voilà ! Rien que pour m’embêter ! Depuis 15 jours la neige tombe, bloque mes collègues que je suis obligée de remplacer au pied-levé, me voit privée de bus pour mes courses de Noël, transforme les trottoirs parisiens en patinoires, je m’habille tous les matins comme si je partais au Pôle nord, sans compter tous les autres problèmes de tous les autres gens, bloqués à Roissy, obligés d’abandonner leurs voitures sur l’autoroute, etc…. et là, le jour de Noël, alors que je pouvais prendre mon temps, que je campais chez mes parents, que je ne transportais ni bouteilles, ni dinde, ni paquets, là, rien que pour m’embêter et décider que non, je n’aurais pas mon Noël blanc, pas le moindre flocon de neige ! Un ciel bleu comme on en voit rarement plus de 3 fois par an, et toute la journée en plus. C’est pas rien que pour m’embêter ça ?

Voyons le bon côté des choses, le sol craquait de givre quand je suis allée chercher le pain, et les toits étaient encore blancs mais bon….

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